Comment ne pas s’indigner suite au vote du projet de loi bioéthique, du 29 juin ?

Il s’agit d’une accumulation de nouvelles possibilités ouvrant à des conséquences dramatiques sur le long terme : 

  • – La PMA sans père (devenu donc optionnel), pour les couples de femmes et les femmes seules ; 
  • – la PMA sans motif médical pour les couples homme-femme, avec remboursement par la Sécurité Sociale : il s’agit de la mesure-phare de ce projet. 

Cependant, cette requête d’apparence indiscutable prévoit dans son sillage : 

  • – l’autoconservation des gamètes sans motif médical, remboursée par la Sécurité Sociale
  • – l’autorisation élargie de l’expérimentation sur les embryons
  • – l’autorisation de l’utilisation des cellules-souches issues des embryons non utilisés à des fins thérapeutiques 
  • – l’autorisation de créer des embryons transgéniques et des embryons-chimères animal-homme. 

Cette liste à la Prévert pourrait sembler issue d’une affabulation complotiste, ou d’un ouvrage de science-fiction. Il n’en est rien, et je vous invite à vérifier scrupuleusement par vous-mêmes le verbatim de cette loi bioéthique. Par micro-glissements successifs, ce qui aurait paru obscène au législateur, quelques années plus tôt, devient lettre gravée sur le marbre légal. L’atténuation du sens critique et du raisonnement éthique collectif nous mène à cette subduction dramatique : l’émotif et le chantage aux droits aboutissent à une gravissime rupture civilisationnelle. La plupart des effets pervers étant indirects, nombre de citoyens de bonne foi ne perçoivent pas le problème, et c’est la raison pour laquelle cette énormité est passée. Un exemple : il n’est désormais plus possible d’affirmer cette évidence selon laquelle la femme et l’homme sont complémentaires, puisqu’une femme peut bien remplacer un homme et inversement dans la parentalité : maternité ou paternité deviennent dès lors des notions purement équivalentes. Les droits fondamentaux de la personne humaine passent à l’as, derrière des exigences corporatistes segmentaires, autoproclamées discriminées. Les possibilités scientifiques nouvelles légitiment les rêves transhumanistes jadis jugés farfelus, avec cet argument spécieux selon lequel toute prudence vaudrait un refus du progrès. Le droit de l’enfant est désormais fragilisé, derrière l’option “créationniste” offerte aux adultes. L’idéologie woke est ici, dans ce vaste chantage à l’évidence, oublieuse de tous les angles-morts des grandes questions éthiques.  La fin de l’empire romain n’a rien à envier à notre époque. 

Le magazine Têtu s’est tristement signalé par cette phrase : « Une journée historique ». La conjonction des lobbyismes pharmaceutique, médical et LGBTQI+ nous plonge dans une intersectionnalité morbide. Il s’agit d’un néo-hygiénisme libertaire anhistorique, en rupture avec tous les attendus de l’éthique d’Hippocrate. 

Nous pouvons désormais tirer le fil de la bobine et prévoir les “nouvelles évidences” à venir  PMA pour personnes trans, PMA post-mortem, jonction de l’avortement et de l’euthanasie vers une option à découvrir prochainement, ROPA, la reconnaissance de la filiation d’intention dans le cadre des GPA faites à l’étranger et le motif de détresse psycho-sociale pour accéder à l’IMG… et après ? 

Le transhumanisme gagne lentement du terrain, et les hommes améliorés deviendront bientôt les avant-gardes d’une nouvelle aristocratie post-raciale. 

La suppression lancinante du père, qui est aussi celle de Dieu, nous renvoie à cette situation d’”hypothèse dont je n’ai pas besoin”, qui fut opposée à Napoléon… LE fait que ce soit la patrie des droits de l’homme qui ait voté ce texte est un symptôme. On interdit toute réflexion critique en indexant tout objecteur comme un extrémiste anti-moderne. Position inique, facile, lâche. Un avenir sous QR code pour acheter son bébé ou des “augmentations génétiques” est-il si lointain ? 

La rhétorique du déclinisme n’est pas celle des avertisseurs, mais bien plutôt celle, en creux, des “modernistes” : “si nous ne votons pas ce qui n’est pas encore, nous sombrerons dans un déclin terrible pour nos droits”. Voici le chantage permanent, qui ose se placer à l’avant-garde de la réflexion. 

Au-delà de la foi, il y a la conscience, la loi naturelle que Dieu a donné à chaque homme et chaque femme. Cette conscience est totalement atrophiée. 

Les médias n’ont pas véritablement mis en perspective ce qui se passait, car le débat semble trop compliqué à suivre. 

Il y a quelque chose d’étonnant dans cette nouvelle donne : d’un côté, il faudrait jouir et tout faire sans risquer “d’attraper” d’enfant, et d’un autre côté on offre comme une libération le fait de faire des enfants sans jouir. Le sexe a fait sécession et sa définition s’éloigne de la vie. 

Comme le dit Mgr Dominique Rey : « une voix, celle du Christ, nous rappelle que la vérité ne se négocie pas ; et que notre devoir de chrétien nous engage à défendre la vie qui est un don de Dieu et qui constitue un pilier fondamental de toute société humaine. » Ne tombons pas dans les méandres du relativisme, ni dans le risque réactionnaire ; nous, chrétiens catholiques, nous vivons dans ce monde mais nous ne sommes pas de ce monde. Nous ne pouvons pas accepter une telle catastrophe. Nous devons nous battre comme nous le pouvons. La force de la prière est immense si nous avons la foi. Même si tout paraît aller de travers, Dieu a tout dans Ses mains. Il est le maître du temps et de l’histoire. Confiance !

Publié par gaetanpoisson

Ancien séminariste, conférencier. Théologie catholique / Question de l'homosexualité au-delà de la rhétorique LGBTQI+

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