La science des Psaumes selon Ruskin

Sans prétendre offrir une exégèse exhaustive de la Bible, l’écrivain-poète John Ruskin a proposé, dans sa « Bible d’Amiens », certaines clés symboliques pour déchiffrer quelques passages des Saintes Écritures. Si son attention allait avant tout au déchiffrement du langage architectural des édifices religieux, Ruskin a su joindre à son expertise en matière d’art de très originales intuitions exégétiques. 

Que peut-on retenir en cette matière ? Je vous propose aujourd’hui quelques vues de l’auteur sur les Psaumes, dans l’Ancien Testament. 

-Selon Ruskin, les Psaumes 1, 8, 12, 15, 19, 23 et 24, suffisamment médités, conviennent pour toute direction personnelle. 

-Les Psaumes 48, 72 et 75 comportent « la prophétie de tout gouvernement juste »

-Enfin, le Psaume 104 anticipe toutes les découvertes de la science naturelle. 

Cette dernière affirmation, hardie et pour le moins périlleuse, peut-elle être taxée de concordisme ? Assurément, selon une stricte vue des choses. Mais n’oublions pas que Ruskin est avant tout poète, et qu’il sent plus profondément ce que le commun des chercheurs est incapable de présumer. Que nous dit donc ce Psaume 104 ? 

On y apprend que Dieu déploie les cieux comme une tenture, qu’il étage ses demeures au-dessus des eaux. Dieu a « fondé la terre sur ses bases », il l’a couverte de l’Océan (intéressante connaissance pour l’époque), et « les eaux restaient sur les montagnes ». Cette dernière précision, martèleront certains, évoque les traces de coraux sur la pierre des montagnes, renvoyant à des époques vertigineusement antérieures. D’autres, moins raisonneurs, plaideront plus simplement que le psaume renvoie à la neige au sommet des monts. 

Le psaume précise aussi que Dieu envoie l’eau des sources dans les ravins : effectivement, nous sommes ici dans le registre de la description naturelle. D’autres descriptions suivent, qui n’ont rien de scientifique au sens moderne du terme, mais qui suivent possiblement une évocation cryptée. Les descriptions simples de la nature sont systématiquement corrélées à l’action de Dieu sur sa création. Il y a un fort écho de la Genèse dans ce Psaume 104. A prendre strictement ce que dit Ruskin, on note que le Psaume 104 est comme une introduction aux découvertes scientifiques, une prémonition de leur cumul, un encouragement au savoir scientifique, prélude à la vraie foi. 

Publié par gaetanpoisson

Ancien séminariste, conférencier. Théologie catholique / Question de l'homosexualité au-delà de la rhétorique LGBTQI+

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