
je voudrais m’endormir, mais je n’y parviens pas…
Alors j’écris. Je dois écrire. C’est à toi que je me confie.
Me voilà seul. Isolé dans ma chambre. Démuni. J’ai le cœur lourd, et voici que je pleure. Abandonné, perdu. Je ne sais plus que dire, que penser, ni comment l’exprimer, l’écrire, ou même le crier. Il y a cette boule qui revient parfois, cette boule oppressante logée au fond de mon cœur…
Je suis incapable de dormir. Mes yeux sont bouffis, rougis ; ils se ferment, mais le sommeil ne vient pas.
Seigneur Jésus, pourquoi ?
Esseulé, égaré en moi-même, sans défense. Il y a dix ans déjà, j’ai perdu une part immense de ma vie : ma sœur, Charline. Oui, la mort, cette veuve noire affamée, cette faucille qui rôde et qui guette, frappe sans prévenir. Elle surgit soudain, dans le silence blafard, emporte sa proie sans jamais se retourner sur ceux qui restent.
Je n’étais pas prêt à vivre ce deuil. Qui l’est, qui le serait ? J’avais encore tant de choses à dire à ma sœur, tant à partager. J’étais son confident, elle était le mien ; mon amie, la mère de mon neveu et de ma nièce…
Ma Charline, je t’ai portée dans mes bras, je t’ai vue faire tes premiers pas, puis grandir, jour après jour.
Je t’ai écoutée, protégée, conseillée. Nous étions si complices, deux âmes presque fusionnelles… Je t’ai certainement blessée, et je t’en demande sincèrement pardon.
Me voilà seul désormais, depuis dix ans… Je réalise si peu qu’elle nous a quittés. Je ne le veux pas.
Et si tu revenais aujourd’hui, ton départ donnerait l’impression de n’avoir duré qu’une journée.
La douleur est immense, intérieure, lancinante mais que de réconfort par la grâce miraculaire et mirifique de Dieu.
Ton départ si brutal a amené tant de grâces à tant de gens ; il y a des mystères insondables et indicibles. Comment comprendre tout cela autrement que dans la lumière de la foi ?
Tu es dans mon cœur, et tu y demeureras à jamais, jusqu’au jour où nous nous retrouverons au Ciel, baignés dans l’Amour inconditionnel et infini de Dieu, et dans la douceur de la Très Sainte Vierge Marie, notre Mère du Ciel.
Je t’ai aimée, je t’aime et je t’aimerai toujours.
Du Ciel, veille sur nous tous, ma sœur d’amour…
À ma sœur, que j’aime d’un amour inconditionnel.
À bientôt…
Gaëtan