« Frociaggine »… bien peu biblique, mon père !

Mardi 28 mai, donc, le Pape aura tenu à présenter de plates excuses sous une montagne de reproches. Quelques jours plus tôt, à l’occasion d’une causerie entre éminences, François aurait froissé les convenances en épelant disgracieusement l’homosexualité. Ecorcher les oreilles mondaines pour atteindre les cœurs semblait pourtant une clause implicite de l’apôtre argentin. Mais il est des sujets trop graves pour oser de légères épithètes: c’est la sentence infaillible de notre époque aux mille focales, qui exige de chacun le niveau « ex cathedra ». Certains auraient biaisé en plaidant l’incontinence verbale, d’autres auraient invoqué la pesanteur tout humaine du verbe pontifical, l’innocence maladroite du charisme franciscain, le sens ô jamais épuisé de la sémantique jésuitique… Peine perdue. Dans notre monde actuel, plus de pirouette ou d’arrangements possibles avec la solennité du direct: chaque syllabe rapportée vaut désormais signature. 

La société a exigé des Eglises la disparition du blasphème… pour le réintroduire sous les espèces de la faute de goût. Espérons que le Saint Père, à défaut d’être vigilant, saura trouver dans les austérités d’une communication plus économe la marque d’un nouveau départ.

Publié par gaetanpoisson

Ancien séminariste, conférencier. Théologie catholique / Question de l'homosexualité au-delà de la rhétorique LGBTQI+

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