
A un jeune qui découvrirait son homosexualité, je dirais en premier lieu qu’il doit cesser d’avoir honte ou de s’en vouloir d’être une personne avec une sensibilité-homo : ce n’est pas là son identité essentielle, mais plutôt un paramètre. Ce qui est de sa responsabilité, c’est de faire quelque chose de cette découverte, qui peut être un charisme de sensibilité particulier dans l’Eglise. L’Eglise a raison lorsqu’elle propose la chasteté et la continence aux hommes et aux femmes. C’est un chemin difficile ! Vivre cette dimension offre un enrichissement spirituel immense à tout être, et les personnes homosexuelles particulièrement. Les brimades et les moqueries mettront ce jeune qui se découvre dans la situation du Christ molesté par la foule. Il faut le protéger. Quant à lui, il doit résister à la meute, la meute qui hait les homosexuels, et la meute LGBT, qui essaiera de récupérer sa détresse pour le jeter dans une vie de débauche ou, à tout le moins, de consommation festive ou enfin d’adhérer aux chimères de « cathos branchés » qui n’ont malheureusement plus rien de catholique. A ce jeune, je demande d’être ferme, de s’accrocher de toutes ses forces au bois de la Croix. Non par réflexe ascétique ou doloriste, mais simplement parce que chaque chrétien sait que Jésus est là pour lui. Que fera-t-il de son homosexualité ? Lui seul saura, car il doit être libre. Je lui dirai que la douceur de l’apôtre saint Jean est un phare, et que ce phare est souvent plus accessible aux croyants homosexuels pour des raisons mystérieuses. Le charisme de sensibilité est un trésor, qui est malheureusement très vulnérable. C’est pour cela que beaucoup de personnes homosexuelles sombrent dans la dépression, ou le suicide. Je dirai enfin à ce jeune qui se découvre homosexuel : crains Dieu, et Lui seul. Pas ceux qui se moqueront de toi, ou qui tenteront de te changer. Suis ton chemin, tu es appelé à devenir saint comme tout homme.
Ne te laisse pas séduire par les fausses conceptions de la liberté. La réponse au “pourquoi suis-je ainsi”, ne trouvera pas de réponse définitive. La réponse viendra en cheminant : ce sera ta réponse. C’est par le prophète Habaquq que nous pouvons mieux comprendre ce mystère de la souffrance non méritée. La révélation en Habaquq prolonge celle que reçoit Job. Elle montre que les assauts de la souffrance ne vaincront pas celui qui se tient droit sur la muraille, malgré son incompréhension. Elle est plus qu’un test métaphysique. Elle est un chemin raccourci vers la sainteté.
La voie que je te propose, c’est celle de la chasteté dans la continence, car elle m’a redressé, moi. Ça marche concrètement : libre à toi de t’en détourner, mais essaie ce chemin, à ton rythme et selon tes forces. Tu verras ce que ça donne, et ça te mènera beaucoup plus loin que « Carpe diem », injonction souvent mal comprise.