Témoigner de son homosexualité sans faire d’outing

À l’origine, je n’ai pas choisi d’écrire un livre. Ce n’était pas dans mes projets. C’est en discutant avec un ami que l’idée est venue. La Providence a œuvré lorsque mon ami et co-auteur Pierre-André Bizien m’a invité à parler et rédiger mon premier livre. 

J’ai accepté, parce qu’aujourd’hui, en tant que chrétien, il m’est demandé de témoigner. Devant les attaques fréquentes de la société civile contre la Croix, j’ai souhaité démontrer point par point que l’homosexualité n’était pas brimée par l’Eglise. J’ai voulu construire une apologétique simple et cohérente permettant à chacun de vérifier que le discours de la Parole de Dieu et de la Tradition n’est pas opprimant, mais au contraire libérateur pour les personnes homosexuelles comme les autres. Devant les imprécisions et les mensonges qui sont sans cesse colportés contre les catholiques, je me suis dit qu’il était possible de répondre théologiquement à toutes ces attaques, de façon rationnelle. J’ai cherché à déconstruire les “fake news” générées par le discours LGBT contre la doctrine catholique. A ceux qui aimeraient faire “évoluer” la doctrine pour l’ajuster à leurs besoins, je réponds que c’est ne rien comprendre au principe de la conversion, qui nous pousse, nous, à changer, à nous réformer. On ne réforme pas la doctrine impunément, et l’injonction du vivre avec son temps n’a jamais été un argument pour une raison très simple : c’est un truisme. L’Eglise étant éternelle, elle est à toute heure en son temps. J’ai aussi voulu répondre à ceux qui dénoncent l’hypocrisie de l’Eglise, en ce qui concerne l’écart entre la doctrine et les comportements réels de ses membres. Je montre que ces accusations prouvent justement la nécessité de la doctrine : sans elle, il n’y aurait plus de critère pour s’indigner, ni de lumière pour éclairer ses ombres. Les hypocrites dans l’Eglise ont au moins le mérite de reconnaître l’importance d’une règle qu’ils ont parfois de la difficulté à suivre. Cassez le thermomètre, leurs comportements deviendraient ordinaires. 

Je crois que l’Eglise est traversée par un terrible manque de foi envers le surnaturel en particulier, en la grâce de Dieu… On finit par oublier le pouvoir de Dieu et tout expliquer par les actes des hommes.  Or Dieu peut TOUT, et le travail de la grâce est un non-sujet absolu chez nos contemporains puisque beaucoup idolâtre la psychologie et les « sciences » humaines et ne parviennent pas à penser que Dieu peut tout. Avons-nous encore la foi ?

Aujourd’hui je me bats pour montrer que l’homosexualité ne doit pas être une cause de honte, et qu’elle est appelée comme toute réalité humaine à être transformée en Dieu. Je n’impose à personne le chemin que j’ai choisi, je témoigne simplement de sa cohérence et du bien qu’il me fait. Je montre qu’il est un chemin que la plupart des gens n’osent pas pratiquer par peur et préjugé. En cela, parce qu’il dérange, il mérite d’être soutenu. 

Publié par gaetanpoisson

Ancien séminariste, conférencier. Théologie catholique / Question de l'homosexualité au-delà de la rhétorique LGBTQI+

Laisser un commentaire