Découvrir son homosexualité : comment réagir. Options possibles

Ici je ne peux parler qu’en mon nom, mais la situation que j’ai traversée lorsque j’ai découvert mon homosexualité est très fréquente. On passe par plusieurs étapes. La première, c’est l’incompréhension, la volonté de déni, le désespoir : que vais-je devenir ? Suis-je anormal ? Comment mon entourage en particulier catholique qui m’entoure va réagir ? C’est un immense sentiment de honte qui se répercute sur le corps. On peut alors très vite perdre pied, et plonger à corps perdu dans les addictions par désespoir et réaction nihiliste. Un peu comme une manière de se punir et de s’assouvir à la fois. C’est cette option que j’ai suivie, et elle a été destructrice. C’est pour cela que je suis si sévère envers la rhétorique LGBT : montrer des paillettes et des couleurs arc-en-ciel, c’est précisément jeter de la poudre aux yeux, et c’est si grossier que l’on devrait s’en rendre compte immédiatement… 

Le jeune qui découvre ses tendances homosexuelles a peur d’être abandonné, de se retrouver isolé avec la violence des désirs qui le rongent. 

Après cette première étape vient une phase d’acceptation. Mais une acceptation qui peut être trompeuse : accepter sa différence ou s’accepter consommateur homosexuel est tout à fait différent. Avoir une attirance pour le même sexe que le sien n’est pas un choix, il n’y a rien de plus douloureux que d’être embrigadé dans des programmes de désenvoutement ou de purification qui prétendraient guérir la personne de son homosexualité. C’est l’addiction et l’acte consommateur qui est défendu. Pas le fait d’être différent, avec sa sensibilité propre. 

Ce n’est pas en soi la morale chrétienne qui fait problème, au jeune qui se découvre homosexuel, mais la morale bourgeoise, le cortège des bienséances. L’enfant est dans l’attente d’être aimé et reconnu pour ce qu’il est et non pour ce qui doit ou devrait devenir. L’attente des parents et du clan familial peut être destructeur. A ce titre, je mets en garde certaines familles catholiques qui céderaient à ce réflexe bourgeois : votre enfant n’a rien choisi, il n’est coupable de rien en exprimant une inclination homosexuelle. 

Si Dieu donne le cadeau de la différence, quelle qu’elle soit, c’est pour nous apprendre à aimer au-delà des intérêts : donc à aucun moment une famille n’a le droit de jeter un enfant à cause de son homosexualité, c’est acte à un nom, c’est de l’eugénisme ! 

Le jeune qui se découvre homosexuel passera aussi par une étape délicate : la volonté de vivre en couple, suivant la norme sociale. La question est délicate, car il est vrai que certains finissent par sortir du vagabondage sexuel en se fixant avec une personne de leur sexe. On entre dans la difficile question du moindre mal, en théologie. Je préfère laisser en suspens cette question, car je ne m’estime pas en droit de parler à la place des experts en théologie. Ce que je sais, c’est que le chemin de la chasteté et de la continence m’a sauvé, moi, et je constate en mon être que l’Eglise a raison. Toutefois, en étudiant de près le sujet du couple homo on se rend compte qu’il ne dure généralement pas, et s’il dure c’est une apparence parce que la fidélité n’est généralement plus vécue … Nous en parlerons plus longuement une prochaine fois.

Publié par gaetanpoisson

Ancien séminariste, conférencier. Théologie catholique / Question de l'homosexualité au-delà de la rhétorique LGBTQI+

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