

Si l’on suit les recherches de Ruskin à propos du langage symbolique de la cathédrale d’Amiens, il apparaît que chaque apôtre est lié à une vertu particulière : non parce qu’il la possèderait naturellement en propre, mais au contraire parce qu’enclin à l’attitude opposée, il aura dû tout mettre en œuvre pour acquérir cette vertu dans sa vie. Prenons quelques exemples :
-La vertu liée à saint Pierre est le courage, précisément parce qu’il a initialement fait preuve de lâcheté en reniant le Christ, et qu’il a par la suite dû acquérir dans la souffrance la vertu du courage.
-La vertu liée à Saint Jean est l’amour, car il avait initialement brûlé le village inhospitalier avec son frère.
-La vertu d’André est la patience, car il aurait été enclin à la colère.
-La vertu de Simon est la persévérance, car il aurait été initialement séduit par l’athéisme.
Ainsi, Ruskin nous dresse-t-il la liste suivante, associant chaque apôtre à une vertu acquise sur son propre penchant inverse.
Saint Pierre : le courage
Saint Jean : l’amour
Saint Paul : la foi
Saint Jacques l’év. : l’Espérance
Saint Philippe : la charité
Saint Barthélemy : la chasteté
Saint Thomas : la sagesse
Saint Jude : l’humilité
Saint André : la patience
Saint Jacques : la douceur
Saint Matthieu : l’obéissance
Saint Simon : la persévérance
On note que la vertu de Barthélemy est la chasteté, car il était enclin à la luxure. C’est donc tout spécialement à Saint Barthélemy que les personnes enclines à l’hyperconsommation sexuelle peuvent se confier.